6 matières qui devraient être absolument enseignées à l’école dès maintenant

L’école nous prépare à la vie. Certains diront même que l’école c’est la vie. Le tout va dans le sens que l’école doit intégrer et refléter le plus fidèlement possible les réalités du monde pour lequel elle prépare les apprenants. Si nos programmes scolaires ont très peu évolué dans le fond depuis les indépendances, le monde lui, a connu d’énormes changements.

Aujourd’hui, je souhaite défendre six (6) nouvelles matières qui ne sont pas encore enseignées dans nos classes mais qui méritent amplement leurs places dans le programme scolaire. Je dirai même que c’est très URGENT de les intégrer dans notre curriculum national.

C’est parti…

#1 : Apprendre à apprendre

Le cerveau est l’outil le plus précieux dont nous disposons. Pour faire simple, c’est l’organe le plus important et le plus impliqué  dans le processus d’apprentissage. A l’école, on nous apprend une multitude de matières techniques et littéraires. Ce qu’on oublie par contre de nous apprendre, c’est comment nous devons utiliser notre cerveau de manière efficace et efficiente pour apprendre. C’est tout un domaine. Ça s’appelle « apprendre à apprendre » ou « apprendre la notice de son cerveau ». C’est un  savant mélange entre neuroscience et pédagogie qui nous enseigne quoi, comment et quand apprendre de façon à optimiser les résultats et le temps d’apprentissage.

Je fais du coaching scolaire très régulièrement avec des élèves sur des techniques d’apprentissage. A chaque fois, je m’étonne de voir à quel point ils ignorent les techniques de mémorisation, de concentration, le profil d’apprentissage, la gestion du temps et bien d’autres choses encore. La méconnaissance de ces techniques et méthodes est la première cause de difficulté et d’échec scolaire. Les élèves qui les connaissent se démarquent assez vite des autres et obtiennent des résultats spectaculaires à l’école. L’idéal ne serait-il donc pas de les enseigner à tous les apprenants ?

D’ailleurs à ce sujet, beaucoup de personnalités et des figures dans le monde des neurosciences (Jim Kiwik, Idriss Aberkane, Elon Musk, Bill Gate…) dénonce l’absence de ces matières à l’école et incite les décideurs à y réfléchir urgemment pour une école plus juste et plus égalitaire.

Les méthodes et techniques dont je parle ici sont assez documentées et sont aujourd’hui enseignées dans des écoles à la pédagogie non conventionnelle. Nous avons tout pour les intégrer dans les nôtres et aider les enfants à utiliser au mieux cet excellent outil qui est leur cerveau.

Chez  Doniyablown, nous avons tout un programme de coaching  scolaire étalé sur 3 à 4 Mois pour apprendre aux enfants, toutes les techniques et méthodes révolutionnaires pour transformer leurs résultats scolaires.

#2: L’internet et ses outils

L’internet est sans doute l’outil le plus multifonctionnel du 21è siècle. Il nous connecte au reste du monde. On s’y forme et s’y informe. Nous y faisons des affaires et restons en contact avec nos proches d’ici et d’ailleurs grâces aux dizaines de millions d’applications actuellement développées.

Quand je dis ça, je dis aussi que tout outil peut être utilisé d’une façon bénéfique pour l’humanité ou au contraire peut détruire l’éducation, la citoyenneté, la culture et surtout le futur de nos enfants.

Aujourd’hui, les parents doivent être triplement vigilants avec les enfants car grâce à internet, un enfant d’une petite ville africaine peut entièrement s’éduquer et se cultiver à l’occidental ou toute autre culture d’ailleurs tout seul sur l’écran d’un mini smartphone au fond de sa petite chambre. Je ne fais pas un jugement de valeur sur les cultures, je pense juste que l’éducation est un sujet trop précieux pour être laissé sans contrôle. Et sur internet, il n’y a ni limite, ni contrôle.

De nos jours, l’influence des puissances étrangères, la manipulation de l’opinion internationale, les usines de fake news, la prolifération d’idées vicieuses, les vols de données personnelles…sont autant de dérives qui trouvent leur nid sur le Net. Une mauvaise utilisation de cet outil par les jeunes à un impact mille fois plus grand que la corruption dans un pays.

Le phénomène est devenu tellement intrusif et a pris tellement d’ampleur que le bon sens voudrait qu’on s’y intéresse et qu’on commence à l’inscrire dans nos programmes scolaires.

D’un autre côté, internet constitue aujourd’hui une véritable aubaine pour tous les esprits créatifs. N’importe quel jeune correctement formé peut mener des activités lucratives sur internet et cela en toute légalité. Me vient en tête l’affiliation et l’intermédiation, le e-commerce, la conception de site web, les web radio et web TV, le trading, le développement d’applications, la création et développement d’audience, le community management etc. Mieux, Il existe aujourd’hui des universités entières avec des cours de classe internationale entièrement gratuites sur internet.

L’outil est multi facette. Il est donc urgent d’apprendre à nos jeunes ces différentes facettes et surtout comment éviter les mauvaises et profiter des bonnes.

#3: La diététique

Le dictionnaire définit la diététique comme étant la science de l’hygiène alimentaire. Un ensemble de règles à suivre pour une alimentation équilibrée. Rien qu’en lisant cette définition, on peut se demander pourquoi est-ce que cette science si importante n’est pas enseignée dans nos écoles à tous les niveaux. On enseigne aux enfants tous les secrets du corps humain sans leur enseigner ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire pour entretenir ce corps.

Ce qu’on consomme à de l’impact sur notre corps et notre façon de réfléchir. Et ce qui a de l’impact sur le corps et l’esprit à de l’impact sur la carrière et les perspectives. Une jeunesse malade est une jeunesse…

Les produits industriels aux ingrédients douteux, les pesticides en tout genre qui envahissent nos plats, les importations non contrôlées de boissons venues de toute part, l’absence d’associations sérieuses des consommateurs, la prolifération des maladies autre fois réservées aux personnes âgées ou aux gens d’une autre classe sociale tel que le diabète, l’hypertension, le cancer… sont autant de raisons pour prendre le sujet au sérieux et commencer à l’enseigner sérieusement dans nos écoles.

Des petites leçons du genre manger 5 fruits et légumes par jour ou ne manger pas trop gras, trop salé ou trop sucré sont obsolètes et ne servent à rien. Il faut de vraies modules avec de vrais contenus et des exemples parlants (on n’en manque pas dans notre société actuelle).

On peut étendre le sujet sur l’autosuffisance alimentaire, l’économie alimentaire et l’impact de notre façon de nous nourrir sur l’environnement. On ne manque pas de sujets ni ne de personnes pour les enseigner. La seule chose dont on manque est le temps.

#4: La science politique

Je ne parle pas ici d’enseigner de la politique politicienne à nos enfants. Je parle des fondamentaux de la science Politique avec un grand P : politique intérieure et géopolitique.

En effet cela peut être perçu comme une menace d’enseigner de la politique aux enfants car on risque l’endoctrinement si c’est mal fait. Mais ce risque me parait dérisoire face au risque d’une jeunesse ignorante de la politique :

  • La facilité avec laquelle on peut déstabiliser un régime en manipulant cette jeunesse
  • L’aisance qu’auront les extrémistes en tout genre de recruter ces jeunes
  • Les guerres civiles causées volontairement par des provocations de politiciens nombrilistes
  • L’asservissement involontaire de nos jeunes cadres envers des puissances étrangères
  • Les achats de vote lors des élections
  • Les discours et débats vides de sens mais grandement applaudit

Sont autant de freins à l’éveil des consciences et au développement de l’Afrique.

Moins la jeunesse sera politiquement consciente, moins grande sera notre chance de marquer notre présence encore moins nos idées dans le grand concert des nations. Cela sonne comme une urgence.

#5: Le développement personnel

Notre société a grandement besoin de gens confiants en eux avec un état d’esprit (mindset) qui convienne à la gravité de l’heure. Le monde à changer et le système éducatif n’a que légèrement bougé. Résultat, on se retrouve avec toute une génération de jeunes qui n’étudie que dans le seul but de se faire embaucher par une entreprise. Une jeunesse qui croie que l’Etat leur doit tout, que le succès et la richesse sont le fruit du hasard, qui abandonne facilement, qui comprend mal les textes religieux, qui se définit par ses diplômes, qui manque d’objectifs et qui ne sait pas s’en fixer, qui n’a pas la bonne attitude ni en famille, ni dans le quartier, ni à l’école.

Quel type de citoyens serait-il croyant dure comme fer que tout ce qui leur arrive n’est que la faute aux autres et non le fruit d’une volonté faible, d’un mauvais schéma décisionnel et des relations peu ou pas recommandables ?

On peut envisager plusieurs champs d’application du développement personnel comme:

  • La communication non violente,
  • Les bases de la programmation neuro linguistique,
  • Les fondamentaux de la loi d’attraction véritable et non celle uniquement ostentatoire,
  • La gestion du temps, le pouvoir de la confiance en soi,
  • Les différentes lois de la nature,
  • Les vertus du travail acharné et surtout à la croyance profonde que tout le monde peut y arriver.

Le sujet étant vaste, certaines notions ont besoin de certains prérequis. Il est donc possible d’envisager différentes notions à différents niveaux.

#6: L’entreprenariat

L’entreprenariat est aujourd’hui un programme qui devrait être enseigné de façon  très sérieuse dès le secondaire. Cela pour trois (3) raisons.

La premières tient au fait que les défis du Futur en Afrique ne seront pas relevés par une masse critique d’employés mais par une masse critique de créateurs qui sont en mesure d’apporter des solutions réelles aux problèmes de nos sociétés et faire face aux mastodontes étrangères qui dictent depuis chez eux les règles de chez nous.

La deuxième raison tient au fait que grâce à (ou à cause de) la mondialisation, les marchés locaux des emplois qualifiés déjà très étroit le seront encore plus car ils seront ouverts aux compétences étrangères. Concrètement, étant au Kenya, un ingénieur peut ratisser large et prendre le poste d’un malien au Mali dans une entreprise malienne (ça se fait déjà dans l’éducation avec les professeurs togolais dans des écoles maliennes). L’écart de niveau étant ce qu’il est entre les pays, ceux ayant évolué dans des écoles locales se verront couper l’herbe sous le pied.

La troisième raison tient au fait qu’au moment même de l’écriture de ces lignes, la plupart des matières enseignées dans nos écoles supérieures sont déjà ou seront probablement obsolètes dans quelques  années au regard de la vitesse à laquelle les choses évoluent en matière d’intelligence artificielle et de robot. Le futur appartiendra plus à ceux qui sauront utiliser ces révolutions pour résoudre des problèmes et ainsi créer de la valeur pour les gens et donner un avantage géopolitique à leurs pays.

Pour toutes ces raisons, je pense que nous gagnerons à changer de paradigme. Nous devons songer à transformer nos usines de fabrication d’employés en des centres de formation de futurs créateurs. La transition peut se faire en douce en introduisant très tôt à l’école, des modules sur l’entreprenariat non pas enseignés par des théoriciens souffrant d’expérience terrain mais plutôt par des ainés qui ont réussis à se frayer un chemin dans  le labyrinthe entrepreneurial.

Cela reste bien possible avec de la volonté combinée de l’État, des établissements scolaires et des parents.

#Bonus: L’éducation financière

Le pauvre (financièrement parlant) n’est pas celui qui manque d’argent mais plutôt celui qui ignore les lois fondamentales qui régissent ce monde. Nos jeunes grandissent aujourd’hui avec pour seule notion de l’argent qu’il est important d’en avoir sans savoir réellement comment s’en procurer légalement. Cela vient du fait que l’Afrique étant peuplée majoritairement de personnes peu éduquées financièrement, les enfants grandissent avec un grand complexe face à l’argent et le sujet est tabou dans nombre de nos familles. Le manque d’argent ou l’adoration d’argent constituent les bases de tous  les maux de notre société. L’éducation financière à l’école sonne donc comme une urgence.

Laisser nos enfants grandir avec l’amour du gratuit, la croyance que le monde entier leur doit des choses, la pensée qu’être riche ou pas riche est une décision de Dieu et l’acceptation que seuls les enfants de riches ont le droit d’en devenir est un état d’esprit qui jouera contre nos sociétés des années durant encore.

Je mets cela en bonus parce que je crois que cette éducation financière doit être faite par des gens crédibles. Des gens qui démontrent par leurs actes ce qu’ils tentent de transmettre comme message aux enfants. J’essaie de dire que les parents eux-même (y compris les enseignants) doivent d’abord s’éduquer financièrement. Ils doivent apprendre les lois fondamentales sur l’argent: Apprendre à en gagner, à le conserver et surtout à le fructifier est un devoir pour tous. Ensuite, ils montreront l’exemple et impacteront les enfants qui en ont, Dieu le sait, grandement besoin.

Conclusion

L’école n’est pas un lieu d’expérimentation de nouvelles idées encore très peu approuvées. Elle ne doit  pas non plus être un système rigide qui a peur des changements et résiste à la transformation. C’est un lieu de vie, d’instruction et d’éducation (quand elle a du temps 🙂 ). Dans ce sens, elle doit être avant-gardiste et doit savoir anticiper avant tout le monde les changements de paradigme.

Nos écoles africaines ont eu du mal à fabriquer des employés compétents en quantité suffisante au moment où on avait le plus besoin (au moment des indépendances et bien après). Maintenant qu’elles ont atteint leur vitesse de croisière et sont capables de produire des millions de jeunes diplômés par an sur l’ensemble du continent, le monde valorise de moins en moins les suiveurs d’ordre (employés) et réclame de plus plus de gens qui comprennent la géopolitique et la stratégie, de gens confiants en eux et en l’avenir, de gens qui savent apprendre, désapprendre et réapprendre rapidement et des créateurs de valeurs.

Pour saisir cette opportunité, l’école doit se réinventer et l’introduction de nouvelles matières n’en est qu’une petite brique.

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A bientôt pour un nouveau Doniyapost.



Author: Drissa DOUMBIA
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