Difficultés scolaires, découvrez les six (6) causes les plus probables

La difficulté scolaire se définit comme le fait pour un apprenant d’avoir des lacunes prononcées dans une ou plusieurs matières enseignées. Un écolier est dit en difficulté lorsque ses résultats scolaires (principalement ses notes) sont inférieurs à la moyenne de la classe fréquentée ou a ses résultats antérieurs. Les causes sont

En tant que parent, notre tranquillité d’esprit s’arrête là où commencent les difficultés scolaires de nos enfants. C’est là que la phrase “mieux vaut prévenir que guérir prend tout son sens” car chez nous, dans les difficultés scolaires on sait en tomber. C’est en sortir qui est compliqué. J’ai vu des parents tout essayer face aux difficultés scolaires de leurs enfants. De la prise d’un répétiteur dans une matière à une équipe de répétiteurs pour toutes les matières passant par le changement d’école, de ville et souvent même de pays. Tout ça pour que l’enfant puisse enfin trouver son chemin dans le complexe labyrinthe qu’est devenue l’école de nos jours. A croire qu’on aime prendre plus de temps pour mal faire que pour bien faire.

Quelle qu’en soit la cause, l’échec scolaire constitue une perte de ressources financières pour l’État, les collectivités ayant en charge la gestion de l’école et les familles

Un certain Einstein disait que la folie se définit par le fait de toujours faire la même chose tout en s’attendant à un résultat différent. Donc plutôt que de faire ce que presque tous les parents font sans résultat, ne serait-il pas mieux qu’on apprenne à faire autrement ? n’est-il pas avisé de chercher la ou les causes de ces difficultés scolaires ?

Le sujet est assez important pour que je vous demande et lire ce poste jusqu’à la fin. Au meilleur des cas vous comprendrez mieux votre enfant et pourrez l’aider à s’en sortir. Au pire vous saurez comment éviter que le vôtre en tombe s’il ne l’est pas encore. Dans tous les cas vous en sortirez éclairer.

C’est parti…

Cause #1: Méconnaissance du profil d’apprentissage

Le profil d’apprentissage (ou style d’apprentissage) d’une personne est un ensemble composé de son profil d’identité (rebelle, timide, extraverti, intellectuel…), de son profil de motivation (par utilité, curieux de tout ou avec qui apprendre) et de son profil de compréhension (visuel, auditif ou kinesthésique). Si connaître l’ensemble est l’idéal, je souhaite m’appesantir sur le dernier profil qui est le profil de compréhension.

En résumé, un enfant avec un profil de compréhension visuel est plus à l’aise avec un cours et une explication largement imagée et/ou schématique plutôt qu’avec un cours à forte dose orale. Cela est dû au fait que sa mémoire traite mieux les informations illustrées plus que celles uniquement textuelles ou narratives. Les enfants au profil visuel se sentent beaucoup plus à l’aise avec un professeur du même profil (oui, les enseignants aussi ont leur profil de compréhension. En réalité, tout le monde en a) car ce dernier aura tendance à faire appel le plus souvent à des schémas et illustrations pour expliquer et lever les difficultés.

De l’autre côté, un enfant avec un profil de compréhension de type auditif est plus réceptif aux explications narratives des professeurs. C’est une façon de dire qu’il traite mieux et est plus à l’aise avec le son que les autres canaux d’acquisition de l’information. Cet enfant sera plus à l’aise avec tout ce qu’il trouvera à écouter.

Pour finir, un enfant au profil de compréhension kinesthésique est très sensible à la structuration du cours, à la contextualisation des notions apprises, à l’apprentissage par le mouvement et la manipulation. Ce type d’enfant sera beaucoup à l’aise avec un professeur méthodique expliquant les notions avec structure, contexte et cas d’usage. Il savoure les notions concrétisées sous forme de projet, jeux ou exemples de la vie. Ces conditions de travail peuvent être compliquées à maintenir quand l’enseignant doit courir derrière un programme dans une classe bondée.

Tout va bien quand le profil de l’apprenant et celui de l’enseignant corresponde. C’est le meilleur des mondes. Avec un peu de chance, les parents ne se rendent compte d’aucun problème car il n’y a pas. Les difficultés commencent quand les profils diffèrent et que l’enseignant ignore le profil de l’apprenant (ce qui est à peu près tout le temps le cas à cause du nombre d’apprenants dans les salles de classe).

Prenons l’exemple d’un apprenant visuel et d’un enseignant auditif durant un cours de biologie. L’amour de cet enseignant pour de longues explications orales gêne l’apprenant qui se perd juste après quelque temps. A la question qui n’a pas compris, l’élève lève la main et l’enseignant repart de plus belle dans une parade narrative et l’enfant le perd à nouveau. Il finira par admettre avoir compris par crainte du professeur ou de passer pour un idiot auprès de ses amis. C’est le début des problèmes.

Cause #2: Manque de méthodologie de travail

On aime dire chez nous qu’il est préférable d’apprendre d’abord avant de se lancer. C’est valable dans tous les domaines sauf pour l’école. Car en effet, nos écoles apprennent à nos enfants des matières précises mais personne ne songe à les apprendre à apprendre. Oui, apprendre efficacement est un art qui doit s’apprendre car travailler sans outils et sans méthodologie est toujours très laborieux quel que soit le domaine dans lequel on se trouve.

Il m’est arrivé de voir des enfants réviser pendant des heures la veille d’un examen et complètement passer à côté du sujet le jour J. Nous connaissons tous des bacheliers qui ont fait plusieurs fois le BAC en travaillant de la même manière avec le même résultat en fin d’année. Un homme intelligent disait un jour que s’il devait résoudre un problème dans un temps réparti, il passerait deux fois plus de temps à l’analyser qu’à le traiter. C’est plus une question de méthode que d’efforts ou de temps.

Un enfant qui ne sait pas quand et comment réviser efficacement, se préparer pour l’école, où s’assoir en classe, participer au cours, s’organiser efficacement, exploiter les ressources à sa disposition… peut vite se perdre dans le flow des cours et commencer à avoir de grandes difficultés à l’école. Si certains élèves peuvent avoir des aptitudes naturelles avec certaines de ces techniques, d’autres les apprennent de façon inconsciente avec leurs parents ou frères aînés. Mais en définitif, ces choses-là ne sont pas évidentes et doivent s’apprendre. Cet apprentissage se fait dans le cadre d’un coaching scolaire dont tous les enfants devraient suivre à mon sens.

Cause #3: Absence de suivi

Certains enfants très brillants peuvent se retrouver au bord de l’abandon scolaire à cause de petits problèmes cumulés qui sont passés sous le radar des parents si radar ils avaient. Les difficultés scolaires sont comme de la carie dentaire. Elle est invisible au départ, on a ensuite de petites taches noires (quelques chutent de notes) et enfin le mal se fait remarquer et détruit la dent (le mépris scolaire). C’est le moment où l’enfant a cumulé tellement de lacunes que partir à l’école lui est pénible. Son cœur bat quand on l’interroge en classe et son souhait de tous les jours est qu’il n’y est pas d’évaluations (surprises ou préparées). Les weekends et les congés sont ses moments de grande joie pour lui et l’approche des examens constitue une véritable source de stress.

Très souvent, les apprenants eux même n’en sont pas conscients. Ça leur tombe dessus et une fois que ça arrive, l’effort à fournir est immense pour en sortir.

J’étais un élève plutôt responsable me dit-on. Je m’en sortais bien dans les cours et je n’avais pas de challenges lors des évaluations. Cela m’a permis de gagner la confiance de mes parents qui ne me mettaient plus de pression pour apprendre (ce qui était plutôt contraire à leurs principes). J’imagine qu’ils se disaient que je gérais très bien mon emploi du temps et la préparation de mes devoirs. Sauf qu’il n’en était rien. Je me suis laissé avoir par l’abus de confiance que j’avais en moi. Si je ne comprenais pas une leçon en classe, au lieu de poser des questions pour avoir les idées claires, je me disais que j’avais le temps de le comprendre durant mes révisions à la maison. Révisions que je m’étais toujours à plus tard croyant qu’il me faudrait juste quelque temps pour comprendre quand je m’y mettrai. Ce rythme a continué jusqu’à une composition générale où j’ai presque chuté de deux points en moyenne générale. S’en est suivi ce qui s’en est suivi mais je n’ai plus répété cette erreur. Un simple suivi régulier à la maison par mes ainés leur aurait permis de détecter la menace beaucoup plus rapidement.

La scolarité d’un enfant est un marathon qui a besoin de suivi. Vérifier les cahiers, lire les notes envoyées par l’école, demander à l’enfant de vous faire le point de ce qu’ils ont appris à l’école, appeler ou passer à l’école sont de simples actions pour vite déceler les problèmes qui se cachent et vite chercher un bon dentifrice 😄.

Cause #4: Environnement inadéquat

Un père m’a une fois raconté qu’il a retiré tous ses enfants de l’école pour les mettre dans un centre d’apprentissage du Coran. En demandant pourquoi, il me dit qu’ils lui ont tous déçu. Aucun d’entre eux ne s’en sortait à l’école. Pire, même ses neveux qui sont passés par sa maison ont au fil du temps abandonné l’école. Il conclut que les gens de leur famille n’étaient pas faits pour l’école. Un peu plus loin, il m’expliqua que le centre d’apprentissage du Coran que fréquentait désormais ses enfants était un très bon centre. Les enseignants de ce centre rapporteraient que les enfants font de bon progrès là-bas. Pas un, pas deux mais tous ses enfants y brillaient désormais. Le centre, poursuit-il dispose d’une bonne infrastructure pour héberger les enfants. Ils ont de bons professeurs, un bon programme avec des activités extrascolaires basées sur l’apprentissage de certains métiers. Par ailleurs, ils disposent également d’un système de suivi basé sur le mentorat. Chaque enfant se voit confier à un enseignant qui lui sert de mentor et de répondant. Ce dernier le suit au quotidien dans sa progression.

Je pouvais comprendre pour un enfant ou deux mais quasiment tous ses enfants rencontraient des difficultés à l’école. Et comme par magie, dès qu’ils ont changé d’environnement, de bons résultats se sont pointés assez vite.

Pour le père, cela était dû à un problème de choix entre l’école et le centre coranique. Pour moi, c’était une question d’environnement d’apprentissage. Pour me fixer, j’ai poussé le questionnement plus loin. Je lui ai demandé de me décrire l’ambiance à la maison. Après son exposé, mon diagnostic était posé. L’environnement familial qu’il proposait à ses enfants n’était pas favorable à un apprentissage efficace.

En effet, le Monsieur accueillait plus de personnes que sa maison pouvait en contenir. Le manque de place combiné avec le manque de calme rendait les révisions très compliquées. De l’autre côté, tous les aînés qui sont sensés donner l’exemple n’avaient fait qu’un bref séjour à l’école. Donc aucun modèle à suivre à la maison. Pire, le terme “je dois réviser” était considéré par les ainés comme une ruse que les cadets utilisaient pour échapper aux missions. Sans le savoir, le père venait de me décrire le type de maison à éviter à tout prix pour réussir à l’école.

L’apprentissage est un travail intellectuel qui a besoin de calme et de tranquillité pour être effectif. Un espace petit et bruyant, le manque d’exemples à suivre et l’absence de suivis réguliers ne peuvent qu’aboutir à des échecs scolaires. Certains parents ne prennent aucune disposition particulière pour permettre aux enfants d’apprendre aisément à la maison. Les heures de télé, les espaces de révision, les matériels de révision… Sont autant de choses qui doivent être pensées pour créer cet espace d’apprentissage favorable à l’apprentissage.

Par ailleurs, il est difficile d’évoluer dans une maison où le progrès scolaire n’est pas valorisé. Où les bonnes notes ne sont pas félicitées et où les bons élèves ne sont pas cités en exemple.

Cause #5: La famille

Beaucoup l’ignore mais chacun d’entre nous a un profil d’identité qui nous définit et nous différencie des autres. On peut citer entre autres les timides, les émotifs, les rebelles, les sociaux, les extravertis, les intellectuels (pas dans le sens commun) …

Chacun de ces profils peut nécessiter un ou des livres pour les décortiquer. C’est pourquoi je vous recommande l’excellent livre “apprendre à apprendre” disponible via ce lien.

Une fois qu’on dit ça, comment la famille peut être une source éventuelle de difficultés scolaires ?

Prenons le cas d’un enfant au profil d’identité “Social”. De nature, ces personnes aiment donner beaucoup d’amour autour d’elles et aiment faire des activités sociales comme partir rendre visite à des malades à l’hôpital, se porter volontaire pour la distribution de nourriture ou monter une association caritative. Par ailleurs, ce que ces personnes adorent autant que donner de l’amour est d’en recevoir. Elles aiment qu’on porte de l’attention sur ce qu’elles font et qu’on soit disponible pour elles. Le manque d’amour pour ces personnes peut entraîner un manque de confiance en soi qui entraîne une baisse de la motivation et d’énergie et qui a son tour entraîne de mauvais résultats scolaires.

Comme je disais donc, un apprenant de ce profil avec des parents qui félicitent très peu et quand ils le font, ils le font toujours très timidement où fixent tout de suite un objectif plus grand. Pire, certains parents ont la fâcheuse tendance à toujours comparer les exploits de leurs enfants aux leurs pour montrer et rappeler leur grandeur. Qu’ils étaient imbattables à l’école et qu’ils arrivaient à faire beaucoup plus que ce que leurs enfants font quand ils avaient leurs âges. Comme si cela n’était pas suffisant, ces parents-là trouvent le moyen d’achever le moral de leurs enfants en les comparant sans cesse à leurs copains ou cousins.

La mauvaise nouvelle est que l’école n’est pas en charge de résoudre les problèmes de famille de ce genre. Même si elle le voulait, elle ne dispose que rarement des moyens de mettre en place une politique de surveillance de l’état émotionnel des apprenants. Donc malgré le travail formidable que ces écoles pourraient faire, les résultats peuvent manquer au rendez-vous.

J’ai pris le cas des enfants au profil d’identité dit « Social » mais le raisonnement reste valable pour tous les autres profils. Tous les enfants ont besoin de l’appréciation et du soutien de leurs parents. S’ils peuvent, les parents doivent aller plus loin en faisant passer le test psychométrique (disponible ici) par leurs enfants (à partir de 12 ans) afin de connaître leurs profils et d’y adapter leur parentalité en fonction.

Cause #6: Le système

L’école n’est pas la classe. C’est tout un système composé d’institutions éducatives, de styles pédagogiques validés, de programmes en vigueur, de dates à respecter, de nombres d’heures à enseigner et de moyens d’évaluation établis. Tout ce système est conçu non pas pour s’adapter aux apprenants mais pour que ces derniers s’y adaptent. Malheureusement, il arrive que certains apprenants éprouvent des problèmes d’adaptation au système. 5 jours de cours par semaine et 7h de cours par jour sous la chaleur dans des classes souvent bondées est un challenge en soit. Le STT (Student Talking Time) qui est le temps de parole par apprenant est très faible de nos jours à cause du nombre pléthorique d’apprenants dans les classes. Le nombre d’exercices aussi…

Tout ce cocktail forme un labyrinthe difficile à apprivoiser à la fois par les parents et par les apprenants. Le rythme et le stress occasionné peut constituer naturellement une source de grands problèmes scolaires.

L’apprenant doit être compris en premier lieu et si nécessaire le faire accompagner par des professionnels (trouvez en ici).

Conclusion :

Un enfant en difficulté scolaire est d’abord un enfant qui souffre. Malheureusement, son jeune âge et son manque de recul peuvent l’empêcher d’identifier seul les causes de ses difficultés. C’est donc le rôle des ainés de faire preuve de vigilance pour anticiper, détecter et aider l’apprenant à sortir de cette souffrance.

J’espère que ce post vous a été utile. N’hésitez pas à partager avec nous vos avis suggestions et surtout, vos ajouts.

Au prochain post.

Merci !!!!



Author: Drissa DOUMBIA
La Team éditoriale de Doniyablown a pour mission de créer des contenus pertinents en lien avec l'éducation. Nous abordons des questions éducatives diverses et variées sous différents angles pour critiquer, dénoncer ou plus important que tout, donner des solutions pour aider le système et ainsi contribuer à la construction de l'édifice national et continental.

1 Comment

  • Yoro

    Très pertinent comme article et très instructif. Je viens d’apprendre beaucoup de choses sur le profil d’apprentissage de chaque enfant. Merci pour ce beau texte

Leave a Reply

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.